Dessine-moi un martien

Dessine-moi un martien« Mon visiteur à moi était blond lui aussi. Comme le personnage du Petit Prince de Saint-Exupéry, il avait l’air intelligent, très intelligent, j’aurais envie de dire trop. Son regard fixé sur moi, plein de curiosité, était sérieux et grave.
Dans l’espèce d’état second où je me trouvais, je m’attendais à ce que, d’une seconde à l’autre, il me demande :
— S’il te plaît, dessine-moi un mouton.
Mais le silence durait. Je ne quittais pas le garçon des yeux. Cela me demandait tout mon sang-froid, car il me mettait atrocement mal à l’aise.
J’avouerais même qu’il me faisait un peu peur.
Enfin il s’est décidé à dire quelque chose :
— Il y a des milliards de milliards de galaxies dans l’univers. Notre galaxie à nous, appelée la Voie Lactée, contient à elle seule plus de 200 milliards d’étoiles. »

La forêt aux mille et un périls

La forêt aux mille et un périls«–Il faut absolument que je rentre chez moi, monsieur ! Tout de suite !
Indiquez-moi comment on sort d’ici et vous ne me reverrez plus jamais !
Et je vous jure que je ne parlerai pas de vous à mes parents !
Une expression de sympathie, presque de pitié, a adouci ses traits. Il m’a regardé comme un grand-père regarde son petit-fils. La panique m’a quitté. Subitement, l’idée que cet homme puisse songer à me faire du mal m’a parue absurde.
— Je ne puis rien pour toi, hélas ! m’a-t-il avoué avec douceur. Au cours des siècles, des gentilshommes sont venus ici par milliers afin de tenter l’aventure. Aucun d’eux n’a eu l’occasion de raconter ses exploits.
Cette forêt est une prison. J’ajouterais : une tombe ! »

Hockeyeurs cybernétiques

Hockeyeurs cybernétiques« Aucune des machines-à-jouer-au-hockey n’était reconnaissable.
Près de Michel, un technicien passait un chiffon sur une tête qu’il s’apprêtait à déposer au fond d’un coffre parmi une douzaine d’autres. Les automates n’étaient plus des imitations d’hommes, mais des membres synthétiques amputés, des torses ouverts, des circuits intégrés étalés sur des tables.
Ils les démontent après les matchs !
Incroyable ! Nous venons d’être battus par ce méli-mélo de pièces sans vie et sans volonté…
— Voici donc nos successeurs à tous ! prononça une voix féminine derrière lui. En se retournant, il vit Virginia Lynx du journal Mother Goose. »

— Pourquoi donc êtes-vous journaliste? demande Michel Lenoir.
— Parce que ça me permet de réfléchir, de chercher « l’anguille sous la roche ».
En d’autres mots, j’essaie de découvrir tous les mensonges que l’on dresse autour de nous.