Le troisième mur

Le troisième mur«–Frédéric vous manque n’est-ce pas ?
— Oui ! IL me manque en effet ! Terriblement, douloureusement ! Aujourd’hui, je peux le dire : qu’aurait été cette vie si je ne L’avais pas croisé sur mon chemin, LUI ! Je suis certain que je n’aurais pu faire la carrière que j’ai faite sans sa présence. La musique ne me suffisait pas. Toute grande et sublime et puissante qu’elle soit, la musique ne peut à elle seule remplir toute une vie. En tout cas, pas la mienne. Une piscine pleine d’eau reste une piscine vide s’il n’y a pas quelqu’un avec vous pour s’y baigner. Non ?… C’est pour LUI que j’ai joué durant toute ma longue carrière et c’est encore pour LUI que je jouerai ce soir. »

« Pour l’heure, je n’ai qu’un seul amour, qu’un seul univers, qu’une seule beauté qu’il me faut travailler à conquérir : c’est la musique. Rien d’autre ne m’a jusqu’ici rendu plus heureux… »

La côte du Chinois

La côte du Chinois« Tout d’un coup, on entend miauler sur notre droite, justement du côté de la serre. La lumière que la lune dégageait s’était répandue sur les vitres du bâtiment. Ça donnait un drôle d’éclairage comme ceux qu’on voit dans les films de peur. On s’arrête, on écoute. On regarde partout. Rien ! On se remet à avancer parce qu’on voulait se rendre du côté du petit bois, de l’autre côté de la serre. Un bruit à droite, comme si quelqu’un nous suivait.
On s’arrête encore. Un autre miaulement. Mais cette fois, très long, rugueux comme si un chat se préparait à cracher. On a juste eu le temps de se retourner… Ce qu’on a vu, c’est pas croyable. J’en ai pas dormi de la nuit. Benoît non plus. »

La Grande Côte a mauvaise réputation.
La serre abandonnée sert de décor à une terrifiante légende : celle du Chinois et de son chat Béding.

Pépé Camisole, un hiver pas comme les autres

Pépé Camisole, un hiver pas comme les autres« Lucien semble être au courant de tous les secrets qui concernent la station de métro Jarry.
Il sort un marteau et un gros tournevis de son sac à dos.
Celui-ci ne contient pas de collation comme il nous l’avait d’abord annoncé, mais un marteau, un tournevis et une grosse lampe de poche.
— Qu’est-ce que tu fais ? demande Simon d’une voix inquiète.
— Faut entrer là-dedans ! lui répond Lucien. Et pour entrer là-dedans, il faut faire sauter le cadenas.
— T’es fou ! rétorque Paulo. Ça va faire trop de bruit. Et si on est pris, on va se retrouver au poste de police. Je vais manger la volée de ma vie, si mon père est obligé de venir me sortir de prison. Te rends-tu compte ? On pourrait devenir des bandits pour un simple coup de marteau. »