C’était un 8 août

C'était un 8 août«Comme prévu, les deux premières balles sont à l’extérieur du marbre. J’adopte une position plus détendue. (…)
Derrière lui, dans les gradins, ma mère et Élise, inquiètes, appréhendent la suite. J’analyse mon rival, qui met plus de temps à se concentrer. Avec quel lancer va-t-il me défier ?
Au moment où il amorce sa motion, quelqu’un dans les gradins crie :
— L’éclipse commence !
Ce sont les derniers mots que j’entends. La rapide de Kevin Girouard m’atteint à la hauteur de la tempe. Malgré mon casque protecteur, l’impact est foudroyant et je sombre dans une obscurité totale.
Ma chute me semble sans fin.
Il est 16 heures 31 à la montre de Daniel Caron, le 8 août 1999.»

« L’Illuminé me désigne du doigt.
— David Bernard, méfie-toi de l’éclipse. Elle t’entraînera dans les ombres de ton imagination !
Mon sourire s’efface. »

La leçon de trombone

La leçon de trombone« Ça me prend un temps fou pour me rendre à mes cours. Et puis, un trombone, c’est plutôt encombrant. Il commence à pleuvoir.
Évidemment, je n’ai pas pris mon parapluie. Avez-vous déjà essayé de monter dans un autobus avec un parapluie ET un trombone ? Bonne chance…
J’aurais pu choisir la clarinette, le hautbois ou la trompette. Enfin, un instrument plus compact, qui se défait en morceaux qui logent dans une boîte de dimension raisonnable. Ou sinon, tant qu’à me promener avec un truc de deux mètres de long, j’aurais pu opter pour quelque chose de plus cool. Une guitare par exemple. Électrique.
(…) Non, moi, il a fallu que je choisisse un instrument plein de tuyaux qui sonne comme un lavabo. »

La Réglisse rouge

La Réglisse rouge« Catherine regarde Nicolas. Il est pâle.
— Et si c’était un piège ? s’inquiète-t-il.
La jeune fille prend une grande inspiration et soulève la trappe.
Ils découvrent un trou au fond duquel se trouve une boîte en carton. Elle est vieille et sent le moisi.
Catherine la sort lentement et arrache d’un coup le large ruban adhésif qui la scelle, ce qui fait sursauter Nicolas toujours sur ses gardes.
Elle rabat les côtés et…
— Des pots… ! s’exclame Nicolas. De stupides pots de crème !
Catherine les retire un à un et les pose délicatement sur le sol. Ils ne portent pas d’étiquette. Il y en a neuf.
— Pour une surprise, c’est une surprise, soupire Nicolas déçu, pendant que son amie en ouvre un.
— Et elle ne sent rien cette crème, s’étonne Catherine. »