Lui, elle, moi, etc…

Lui, elle, moi, etc...« — Et combien de temps après est-ce que toi et papa vous avez cassé ?
Ma question l’a prise de court. Elle a eu l’air estomaquée, ne sachant quoi dire.
— Bien, papa a commencé à travailler sur un gros projet, en juillet, a-t-elle dit, en hésitant, comme si elle cherchait ses mots. Il faisait de longues heures et devait voyager beaucoup. C’est à ce moment que les choses ont commencé à changer, on vivait en parallèle et c’est comme si on s’était déshabitués l’un de l’autre. En janvier, il est parti vivre en appartement.
C’est là que j’ai assené le grand coup.
— Donc, si je comprends bien, il est parti à cause de moi ! »

« Je vis en alternance 3 jours chez lui, 10 jours chez maman…
À bien y penser, cet arrangement est peut-être un signe qu’il n’avait pas envie de m’avoir tout le temps avec lui. »

J’ai besoin d’un ami, d’un poisson, n’importe quoi…

J'ai besoin d'un ami, d'un poisson, n'importe quoi…« En attendant, je veux un chien.
Un chien avec qui je pourrais jouer. À qui je pourrais raconter mes malheurs. Un chien que je serrerais contre moi, contre mon coeur.
Un chien qui me lècherait le visage parce qu’il serait content de me voir.
Qui dormirait avec moi la nuit, quand je suis seul et que j’ai mal.
Peut-être qu’il pourrait me consoler quand je pleure. Je le promènerais chaque jour, fier de lui, fier de mon ami. Je l’appellerais Charlot.
C’est chouette Charlot pourun chien. »

C’était un 8 août

C'était un 8 août«Comme prévu, les deux premières balles sont à l’extérieur du marbre. J’adopte une position plus détendue. (…)
Derrière lui, dans les gradins, ma mère et Élise, inquiètes, appréhendent la suite. J’analyse mon rival, qui met plus de temps à se concentrer. Avec quel lancer va-t-il me défier ?
Au moment où il amorce sa motion, quelqu’un dans les gradins crie :
— L’éclipse commence !
Ce sont les derniers mots que j’entends. La rapide de Kevin Girouard m’atteint à la hauteur de la tempe. Malgré mon casque protecteur, l’impact est foudroyant et je sombre dans une obscurité totale.
Ma chute me semble sans fin.
Il est 16 heures 31 à la montre de Daniel Caron, le 8 août 1999.»

« L’Illuminé me désigne du doigt.
— David Bernard, méfie-toi de l’éclipse. Elle t’entraînera dans les ombres de ton imagination !
Mon sourire s’efface. »