Contre vents et marées

Contre vents et marées« Impossible de dormir. Il faudrait que je couse mes paupières ensemble pour qu’elles restent fermées. J’ai chaud, j’ai froid, je tourne, me retourne. Mon esprit n’arrête pas de sauter d’un sujet à l’autre. Marie-Ange, le père de Céleste qui m’oblige à réfléchir au sens de la vie. Mon avenir. Le travail que j’aimerais trouver. La chorale. Le chant. L’amour. Une heure passe. Puis deux. J’ai toujours les yeux ouverts. Ils me brûlent.
Rien à faire. Autant me lever. Demain samedi. Pas d’école.
(…) je suis prête à explorer une autre de mes nuits blanches. »
« J’aime avoir des amies.
(…) Pour ces deux filles-là, je compte. Je suis utile. Je fais des choses avec elles. J’apprends aussi comment la vie peut être à la fois belle et laide… »

Les règles du jeu

Les règles du jeu« En approchant de l’école et du parc, je remarquai une silhouette de l’autre côté de la rue qui courait elle aussi dans la même direction que moi. C’était lui ! Il était en retard comme moi ! Mon coeur se mit à battre la chamade.
Sans me voir, il traversa la rue en courant vers la porte d’entrée. Je le suivais de près. La cloche sonna. Il redoubla de vitesse avec moi à ses trousses. Il disparut dans les escaliers. J’étais trop énervée et essoufflée pour le rattraper. »

« Je voyais bien que je m’inventais une histoire qui n’existait pas vraiment ou du moins qui avait beaucoup plus d’importance dans ma tête que dans la réalité. »

Un couteau sur la neige

Un couteau sur la neige« — Si c’est toi qui racontes ton histoire, ça pourrait t’aider devant un juge… Silence.
Les joues rougies, le garçon reste renfrogné, le regard rivé sur ses genoux. Il renifle.
— Tu ferais mieux de parler. Sinon un de tes copains le fera. »

« Deux infirmiers poussent une civière à toute vitesse. Zigzaguant dans les espaces restreints, ils jettent un oeil préoccupé sur le garçon mince au teint basané et aux cheveux noirs qu’ils transportent, et qui marmonne, à peine conscient.
Le cortège fonce vers une salle d’opération blanche de lumière.
À l’intérieur, un chirurgien et un anesthésiste finissent de se mousser les mains avec un savon désinfectant. Un coup d’oeil rapide confirme ce qu’on leur avait annoncé : le temps presse, la vie du jeune homme est sérieusement menacée. »