Ferdinand F., 81 ans, chenille

Ferdinand F., 81 ans, chenille« Sans diplôme, sans emploi, sans but défini dans la vie, Ferdinand F. écumait la ville à la recherche de son destin. Il rêvait encore, à temps de plus en plus partiel, de devenir quelqu’un à qui il arriverait des aventures plus spectaculaires que les vertigineux édifices que l’on construisait alors à New York, Londres, Paris, y poussant le ciel dans ses derniers retranchements.
Seulement, à chaque fois qu’il levait le petit doigt pour faire quelque chose qui le mènerait vers l’une de ces villes, le reste de sa main s’empressait de le rabattre. Sa vie devenait lisse, sans risque, et, mine de rien, il vieillissait : on dépassait les 6 000 jours. »

« Ferdinand F. n’avait pas toujours été vieux, laid et triste. Bien au contraire. Enfant, on disait de lui qu’il avait le plus beau sourire au sud de la Lune. »

Pépé Camisole, un hiver pas comme les autres

Pépé Camisole, un hiver pas comme les autres« Lucien semble être au courant de tous les secrets qui concernent la station de métro Jarry.
Il sort un marteau et un gros tournevis de son sac à dos.
Celui-ci ne contient pas de collation comme il nous l’avait d’abord annoncé, mais un marteau, un tournevis et une grosse lampe de poche.
— Qu’est-ce que tu fais ? demande Simon d’une voix inquiète.
— Faut entrer là-dedans ! lui répond Lucien. Et pour entrer là-dedans, il faut faire sauter le cadenas.
— T’es fou ! rétorque Paulo. Ça va faire trop de bruit. Et si on est pris, on va se retrouver au poste de police. Je vais manger la volée de ma vie, si mon père est obligé de venir me sortir de prison. Te rends-tu compte ? On pourrait devenir des bandits pour un simple coup de marteau. »

Pépé Camisole, un automne haut en couleur

Pépé Camisole, un automne haut en couleur« Donc, comme je le disais, de nouveaux voisins nous sont atterris dessus. Tombés comme ça, en plein milieu de nos vies et en plein début septembre. Avec armes et bagages sans avertissement ni sommation et sans la moindre provocation de notre part.
Une véritable déclaration de guerre !
Remarquez, on s’attendait bien à voir débarquer un jour ou l’autre des étrangers dans cette maison inoccupée depuis des mois. Mais des étrangers aussi étranges que ceux-là, ça, je dois admettre que personne ne l’avait prévu, ni papa ni moi.»

(…) ces voisins-là jaspinent un sabir incroyable qui n’en fait ni des Français, ni des Anglais, ni des Italiens, ni des Espagnols, ni des Allemands, rien de tout ça.