C’était un 8 août

C'était un 8 août«Comme prévu, les deux premières balles sont à l’extérieur du marbre. J’adopte une position plus détendue. (…)
Derrière lui, dans les gradins, ma mère et Élise, inquiètes, appréhendent la suite. J’analyse mon rival, qui met plus de temps à se concentrer. Avec quel lancer va-t-il me défier ?
Au moment où il amorce sa motion, quelqu’un dans les gradins crie :
— L’éclipse commence !
Ce sont les derniers mots que j’entends. La rapide de Kevin Girouard m’atteint à la hauteur de la tempe. Malgré mon casque protecteur, l’impact est foudroyant et je sombre dans une obscurité totale.
Ma chute me semble sans fin.
Il est 16 heures 31 à la montre de Daniel Caron, le 8 août 1999.»

« L’Illuminé me désigne du doigt.
— David Bernard, méfie-toi de l’éclipse. Elle t’entraînera dans les ombres de ton imagination !
Mon sourire s’efface. »

Hockeyeurs cybernétiques

Hockeyeurs cybernétiques« Aucune des machines-à-jouer-au-hockey n’était reconnaissable.
Près de Michel, un technicien passait un chiffon sur une tête qu’il s’apprêtait à déposer au fond d’un coffre parmi une douzaine d’autres. Les automates n’étaient plus des imitations d’hommes, mais des membres synthétiques amputés, des torses ouverts, des circuits intégrés étalés sur des tables.
Ils les démontent après les matchs !
Incroyable ! Nous venons d’être battus par ce méli-mélo de pièces sans vie et sans volonté…
— Voici donc nos successeurs à tous ! prononça une voix féminine derrière lui. En se retournant, il vit Virginia Lynx du journal Mother Goose. »

— Pourquoi donc êtes-vous journaliste? demande Michel Lenoir.
— Parce que ça me permet de réfléchir, de chercher « l’anguille sous la roche ».
En d’autres mots, j’essaie de découvrir tous les mensonges que l’on dresse autour de nous.

La fabuleuse saison d’Abby Hoffman

La fabuleuse saison d'Abby Hoffman« –Tu… tu t’es inscrite ? Comment as-tu fait ?
Je lui résume l’histoire de la veille.
— Ab Hoffman ? répète Susie, incrédule. C’est un prénom de garçon ?
— En tout cas, ça l’est davantage qu’Abby ou Abigail.
Mon amie regarde autour d’elle pour être sûre que nous ne sommes pas épiées.
— Les garçons ne sont pas des idiots, du moins certains d’entre eux. Ils s’apercevront vite que tu n’es pas l’un des leurs.
Mon argument est préparé.
— Ma mère a promis de me couper les cheveux très courts, ce soir.  »

« Si on découvre mon secret, je suis convaincue que l’on m’expulsera immédiatement de la ligue.
Une fille qui joue au hockey avec des garçons, ça ne se fait pas, malgré notre société moderne des années cinquante.  »